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Ce que les États ne disent pas.

Le Contre-Rapport
Société · Zimbabwe

Le Grand Zimbabwe : la cité de pierre que le colonialisme a voulu nier aux Africains

Immense ville de pierre bâtie sans mortier entre le XIe et le XVe siècle par les ancêtres des Shonas, le Grand Zimbabwe a longtemps été attribué à tout sauf aux Africains — jusqu'à ce que l'archéologie rétablisse la vérité.

Photo d'illustration : Harare. © Beatrice Kaseke / Wikimedia Commons, CC BY 4.0 (licence)

Comment une cité africaine monumentale a été niée pendant près d'un siècle pour des raisons idéologiques — et comment la science a tranché.

Une cité de pierre monumentale

Au sud-est du Zimbabwe actuel s'élèvent les ruines du Grand Zimbabwe : d'immenses murs en pierres sèches, assemblées sans mortier, dont la « Grande Enceinte » compte parmi les plus vastes constructions anciennes d'Afrique subsaharienne. La ville fut bâtie et habitée entre le XIe et le XVe siècle.

Le cœur d'un État commerçant

Le Grand Zimbabwe était la capitale d'un État prospère, vivant du commerce de l'or et de l'ivoire relié à l'océan Indien et à la côte swahilie (Kilwa). Les fouilles y ont retrouvé de la porcelaine chinoise, du verre persan et des objets arabes : la preuve d'un commerce à longue distance. Sa population aurait atteint plusieurs milliers d'habitants à son apogée.

Le déni colonial

Dès le passage de l'explorateur Carl Mauch (1871), puis sous le régime colonial de Rhodésie, on attribua ces ruines à des étrangers — Phéniciens, voire la biblique reine de Saba — refusant d'admettre qu'des Africains aient pu les bâtir.

La science contre l'idéologie

Les archéologues David Randall-MacIver (1905) puis Gertrude Caton-Thompson (1929) établissent de façon décisive l'origine africaine et médiévale du site, œuvre des ancêtres des Shonas. Fait documenté : le gouvernement de la minorité blanche de Rhodésie fit pression sur les archéologues et censura cette conclusion jusque dans les années 1970.

Un symbole national

À l'indépendance, en 1980, le pays prit le nom de Zimbabwe, d'après le shona dzimba dza mabwe, « les maisons de pierre ». Les célèbres oiseaux du Zimbabwe, sculptures de stéatite retrouvées sur le site, figurent aujourd'hui sur le drapeau national.

Sources

  • Gertrude Caton-Thompson, The Zimbabwe Culture, 1931.
  • David Randall-MacIver, Medieval Rhodesia, 1906.
  • UNESCO, Patrimoine mondial — Monument national du Grand Zimbabwe.

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